Utilisant son environnement immédiat, le travail d’Oscar Murillo (né à La Paila, Colombie, en 1986) puise au creuset que constituent les expériences et souvenirs personnels. Faisant interagir différents médiums – peinture, sculpture et vidéo –, l’artiste crée des installations qui invitent à l’immersion, procédant d’une pratique élargie qui englobe interventions et performances publiques ainsi que participations de la communauté. Les concepts y sont librement transférés, distribués et reconfigurés par le biais de divers processus, qu’ils soient d’échange, de collaboration ou – plus important – de production. Influencée par les pratiques non occidentales de consommation culturelle, l’œuvre d’Oscar Murillo nous encourage à dénoncer les formes que revêt l’hégémonie tout en proposant d’autres façons d’être et de vivre ensemble.

L’exposition « Estructuras resonantes » [Structures en résonance] combine une série d’œuvres réalisées en collaboration avec des amis, des membres de sa famille ou d’autres personnes, créant ainsi un cadre poétique nourri de la perception à la fois familière et étrangère que nous avons de la vie des autres. Documentant une série de parcours à travers l’Asie, l’Europe, l’Amérique latine et l’Afrique du Nord, la proposition articule une réflexion sur la manière dont la production culturelle façonne notre sentiment du lieu et de la communauté.

En écho à l’exposition, l’ouvrage Estructuras resonantes publie les témoignages des ouvriers d’une usine de confiseries colombienne située dans la ville natale de Murillo, lesquels furent, en 2014, invités par l’artiste à effectuer leur travail habituel dans une galerie new-yorkaise pendant deux mois. Leur intervention s’inscrivait dans le cadre du projet A Mercantile Novel [Un roman mercantile], mettant en évidence des similitudes entre la création de l’artiste et d’autres formes de production de masse qui, bien que partie intégrante de cultures nationales, sont moins volontiers associées à une identité sociale ou personnelle. Dans la publication figurent également des reproductions du livre d’artiste THEM, initié en 2015 par Murillo et constitué de photographies intimes retraçant le parcours de sa famille des années 1970 à 2000 – depuis le militantisme syndical de son père à La Cabaña, immense plantation de canne à sucre colombienne, jusqu’aux premières années de l’installation du foyer dans l’East London. Enfin, Estructuras resonantes comporte également une conversation d’Osei Bonsu avec Françoise Vergès sur les conditions contemporaines de la globalisation.

 

Artiste : Oscar Murillo
Commissaire :Osei Bonsu
Coédition : Jeu de Paume / CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux
Date de publication : 25 mai 2017
Format : ePub 3 à marges fixes
Langues : français et anglais
ISBN version numérique grand public : 9782915704693
Prix catalogue : 6,99 €

 

Biographie de l’artiste
Titulaire d’une licence en arts plastiques délivrée en 2007 par l’université de Westminster (Londres), Oscar Murillo obtient une maîtrise du Royal College of Art en 2012. Son travail a fait l’objet d’expositions personnelles dans les plus grandes institutions du monde entier, dont récemment le Yarat Contemporary Art Centre de Bakou, Azerbaïdjan (2016-2017) ; le Museo de Arte de la Universidad Nacional de Colombia, de Bogotá (2015) ; le Centro Cultural Daoíz y Velarde de Madrid (dans le cadre d’ArcoColombia 2015) et l’Artpace de San Antonio, Texas (2015). À quoi s’ajoute une commande, réalisée elle aussi en 2015, pour la Biennale Performa 15 de New York.

Murillo a par ailleurs participé à de nombreuses expositions de groupe, dont la 2e édition de la Triennale des Arts Textiles de Hangzhou (Chine, 2016) ; la 3e Triennale d’art contemporain d’Aichi (Japon), « Homo Faber : A Rainbow Caravan » ; la 5e édition de l’APAP d’Anyang (Corée du Sud) ; la 6e Biennale de Marrakech (Maroc), « Quoi de neuf là » ; et la 20e Biennale de Sydney (Australie), « The future is already there – it’s just not evenly distributed » (toutes ces manifestations ayant eu lieu en 2016). 2015 marque le lancement de son grand projet Frequencies, dont il présente un premier état avec ses immenses drapeaux noirs en berne à la 56e Biennale de Venise, « Tous les futurs du monde ».

 

Biographie du commissaire
Commissaire d’exposition et auteur basé à Londres, Osei Bonsu a contribué à de nombreux catalogues et expositions, dont celui de la 56e édition de la Biennale de Venise et de la Milan EXPO « Arts and Food » de la Triennale de Milan. Il a développé plusieurs projets artistiques internationaux dont « Pangea II: New Art from Africa and Latin America » (Saatchi Gallery, 2015) et la 1-54 Art Fair (2013-14). Il est également consultant pour des organisations artistiques privées ou associatives et contribue à des publications, comme New African, NKA: Journal of Contemporary African Art, Mousse Magazine ou Art Review.

 

La programmation Satellite
Initiée en 2007, la programmation Satellite du Jeu de Paume est dédiée à la création contemporaine. Depuis 2015, le Jeu de Paume et le CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux organisent conjointement ce programme d’expositions, assuré dès sa création par des commissaires d’envergure internationale (Fabienne Fulchéri, María Inés Rodríguez, Elena Filipovic, Raimundas Malašauskas, Filipa Oliveira, Mathieu Copeland, Nataša Petrešin-Bachelez, Erin Gleeson et Heidi Ballet).
Intitulé « L’économie du vivant », la dixième édition confiée à Osei Bonsu a pour propos la constante mobilité, par-delà les frontières réelles ou imaginaires, des corps, des plantes, des animaux, des œuvres d’art, ainsi que d’un certain nombre d’autres produits culturels. Ce projet en quatre temps procède de l’idée qu’une des façons de comprendre l’état du progrès humain de nos jours est de consigner visuellement l’expérience vécue. Dans un paysage géopolitique en constante expansion, nous pouvons voir comment les grands axes imposent conflit et agitation à la circulation des peuples, des marchandises et des processus.
Se projetant au-delà de la simple idée d’une cartographie de l’histoire, les œuvres d’Ali Cherri, d’Oscar Murillo, de Steffani Jemison et de Jumana Manna – toutes spécialement commanditées pour l’occasion – parcourent les espaces étrangers et familiers afin de rendre visible la secrète migration des choses vivantes.
Chaque exposition est accompagnée d’une publication imaginée comme une carte blanche au commissaire et aux artistes. Conçue dans un dialogue étroit avec un studio graphique renouvelé à l’occasion de chaque édition, cette série d’ouvrages s’offre comme un espace de création autonome au sein de la programmation Satellite.